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L'impression 3D dans le milieu du luxe

Aujourd'hui, nous allons un peu vous parler de l'industrie du luxe... Tout en intégrant, bien sûr, l'impression 3D !

Le luxe est souvent associé à la fabrication de produits haut de gamme façonnés de manière artisanale avec des savoir-faire ancestraux. Ces savoir-faire ont néanmoins été en leur temps des technologies de pointe, à l’instar de la fabrication additive. On pourrait d'ailleurs croire que les grandes maisons se sont préservées de la vague digitale grâce à la force de leur marque et les façades imposantes de leurs prestigieuses boutiques.. Mais pas vraiment.

L'enjeu de l'impression 3D (enjeu primordial d'ailleurs) avec le luxe est de révolutionner la fabrication traditionnelle, mais également de proposer une nouvelle direction: l’ultra-personnalisé.

L'impression 3D, c’est avant tout une révolution très identique à celle du digital/internet. Il faut donc être conscient des enjeux et des changements à venir. Cette révolution s’inscrit dans le design, à savoir penser le concept et le packaging différemment. C’est la révolution de la création et de l’innovation. Il y a nécessité d’encadrement de la création, dans le but de ne pas louper le coche. Les mentalités sont encore à développer. Il faut laisser libre court à la création dans un cadre strict.

Véritable machine à fantasmes, l’impression 3D est le futur du Luxe. C’est déjà l’impression aujourd’hui de la petite série pour les principaux joailliers de la Place Vendôme à Paris, ainsi que pour certaines marques du groupe LVMH. L’impression 3D des produits de luxe est déjà en marche. On va créer pour soi ou se faire créer pour soi le bijou dont la base est réalisée chez les joailliers en impression 3D (moule en cire), le reste correspondant par la suite à un travail de façonnage et de personnalisation.

Avant tout.. Il est intéressant de savoir pourquoi l'impression 3D s'invite dans le luxe. Et à vrai dire, il y a 4 (principales) raisons :

  1. Le prototype : Il est possible de réaliser les prototypes en moins de 48H, pour contrôler une forme, un modèle, valider un concept et une idée et ensuite produire les pièces, pas forcément en 3D. Les industries du luxe fabriquent beaucoup de formes de talons, des fermoirs, des chaînes de maroquinerie, et même des broderies souples et flexibles.
  2. La singularité et le sur-mesure : Une des forces de l’impression 3D est d’offrir la possibilité de produire des pièces uniques, là où beaucoup de fabricants ne fonctionnent qu’à partir de grosses commandes. Elles peuvent réaliser un seul bouton si on leur le demande. Un réel intérêt donc, pour la haute couture par exemple. Il est aussi possible de réaliser des pièces sur-mesure, en fonction de la morphologie d’un corps, capturé géométriquement par une machine. Comme par exemple les semelles imprimées en 3D, à visée thérapeutique ou de confort, entièrement réalisées en fonction du pied du client.
  3. Le défi technologique : "L'impression de carrures de montres en titane pour la marque Officine Panerai a permit de réduire le poids 40%. Une prouesse pour l’horlogerie : l'industrie peut utiliser l’optimisation topologique, beaucoup utilisée en aéronautique. En clair, l’imprimante n’est venu construire que l’enveloppe nécessaire pour assurer l’étanchéité et la robustesse de la montre, en laissant des zones creuses, étudiées pour ne rien changer à la montre, et permettre ainsi de réduire son poids.
  4. L’impression 3D éco-responsable : L’impression 3D ne consomme que la matière strictement nécessaire pour concevoir l’objet, il n’y a pas de déchet, si ce n’est de la poudre, qui est réutilisée, contrairement à la fabrication soustractive traditionnelle. En terme de bilan énergétique, l’impression 3D est donc très bien placée, et surtout fabriquée localement : pas besoin d’aller en Asie ou dans les pays en développement. Il est aussi possible de ne pas faire de sur-stock sur un objet, la conception étant réalisée à la demande, rapidement. Enfin il existe aujourd’hui une matière d’origine végétale, bio sourcée, qui s’appelle le polyamide 11, une forme de nylon, réduite en poudre avec lequel il est possible d’imprimer des objets labelisés éco.

 

Parler et donner des raisons c'est bien. Des exemples, c'est mieux !

Chanel

En 2015, Chanel dévoilait sa collection Paris-Saltzburg, où l’on avait pu apercevoir Julianne Moore avec des talons lumineux aux pieds. Eh bien, il semble que Chanel a véritablement décidé de mettre à profit les nouvelles technologies pour sa prochaine collection Haute Couture. Durant son dernier défilé hier, Karl Lagerfeld a invité les actrices américaines Juliane Moore et Kristen Stewart à faire chauffer les machines dans son Casino signé Chanel, où l’on a pu apercevoir des versions futuristes du classique tailleur Chanel ! 

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Après avoir recréé une manifestation grandeur nature, ou encore un supermarché Chanel, le Kaiser a cette fois imaginé un casino dans un style très cosy, avec des mannequins mises en beauté dans une inspiration 20s. Et ce qui est intéressant pour nous ici, c’est que Karl a une fois de plus montré son intérêt pour la technologie avec des techniques de modélisation et d’impression 3D. Le défilé a fait la part belle à l’iconique tailleur Chanel, dont une dizaine des pièces présentées ont été modélisées et imprimées en 3D puis brodées et travaillées par les petites mains de l’Ecole Lesage.

“L’idée est d’amener la veste la plus iconique du 20e siècle au 21e et en faire une version 21e sicèle, qui techniquement était inimaginable lorsqu’elle a été créée,” a raconté Lagerfeld à l’AFP après le défilé. “Cette veste est en une seule pièce, il n’y a pas de coutures, elle a été moulée.” D’après le créateur, sa technique élargit la “Haute Couture” et sera de plus en plus utilisée à l’avenir. “Ce qui maintient la couture en vie, c’est son évolution à travers le temps. Si elle reste comme la Belle au Bois Dormant dans son bois et sa tour d’Ivoire, vous pouvez laisser tomber ! Les femmes qui achètent de la couture aujourd’hui ne sont plus les bourgeoises du passé, ce sont de jeunes et modernes jeunes femmes.”

The game is on, on a hâte de voir ce que nous réservent les iconiques marques de luxe lorsqu’elles se seront enfin appropriées les “nouvelles” technologies ! 

 

Louis Vuitton

En Australie, la marque de luxe Louis Vuitton avait ouvert un magasin éphémère très étonnant en 2016.  A première vue, il ne semblait pas être différent des autres pop-ups, mais le magasin de Sydney a été totalement fabriqué à l’aide d’une imprimante 3D.

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Pour le magasin situé dans le Westfield Shopping Center à Sydney, Louis Vuitton a collaboré avec Omus, une entreprise qui fabrique des produits imprimés en 3D.  L’entièreté du magasin d’une superficie de près de 90 m² a été imprimé en 18 jours de temps. Le pop-up store a été imprimé en 48 morceaux qui ont ensuite été assemblés puis enveloppés d’un film argenté Avery Supreme pour donner à la structure aux formes organiques un effet miroir de toute beauté. Pas moins de 2 imprimantes Massivit 3D, un fabricant d’imprimantes 3D grands formats basé en Israël, ont été nécessaires à la réalisation de cette boutique installée en seulement 3 jours. La création de cette structure de 900 kg, que beaucoup pensaient irréalisable, fut l’occasion pour OMUS et Massivit 3D de pousser leur technologie dans ses derniers retranchements. Une preuve encore que l’impression 3D ne connait pas de limite et offre des solutions répondant aux exigences des marques les plus prestigieuses. 

 

Dior

Buzz et innovation font bon ménage dans le domaine du marketing (ce n'est pas moi qui vous dirais le contraire ;-)) et la célèbre marque de luxe française portant le nom de son créateur Christian Dior l’a bien compris. En association avec le studio parisien DigitasLBi LABS, Dior a conçu un casque de réalité virtuelle propulsé par un Samsung Galaxy Note 4 pour équiper certaines de ses boutiques.

Ces « Yeux Dior » (Dior Eyes en anglais) permettent aux clients de visiter les coulisses de défilés de la marque en totale immersion grâce à un système audio et vidéo tridimensionnel ! C’est une façon inédite de découvrir comment se préparent les mannequins, comme si on était avec elles dans les loges, aux côtés des maquilleurs, photographes… C’est peut-être même l’occasion de découvrir quelques secrets d’une grande maison de couture.

Du croquis au modèle 3D, l’impression 3D a permis à ce projet de prendre vie au sens propre du terme. Avec son design travaillé et son logo rétro-éclairé, ce casque RV est loin du classique mais abordable casque DIY Google Cardboard et même du populaire Occulus Rift. Il représente pleinement la convergence des univers de la mode et des hautes-technologies.

 

Apple 

Passionnée par la technologie et la joaillerie, la célèbre marque de luxe parisienne Hadoro spécialisée dans les périphériques mobiles Apple a réalisé un iPhone 5S unique, composé de 125 grammes d’or massif 18 carats! Conçu à l’aide de l’impression 3D et fini à la main (plus de 200 heures de brossage et polissage), ce bijoux de smartphone tiré qu’à 25 exemplaires, seulement, de teinte jaune ou rouge sont vendus au prix minimum de 55 000 € ! 

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Les spécimens sont disponibles dans la boutique de Paris place Vendôme pour le plaisir des yeux ou les portefeuilles bien garnis…

 

Victoria's Secret

Pour son défilé de 2013, la marque de lingerie de luxe Victoria’s Secret s’est alliée au service d’impression 3D en ligne Shapeways et au designer Bradley Rothenberg pour créer un costume d’exception. La mise en scène du défilé a une place toute aussi importante que la lingerie fine portée par les nombreux mannequins et rien n’est laissé au hasard dans cet événement suivi par des millions de personnes dans le monde. Le costume de Snow Queen créé et imprimé en 3D par Shapeways et orné de milliers de cristaux Swarovski est certainement la plus belle pièce de cette édition 2013.

le mannequin lindsay ellingson au défilé victoria secret

Le projet était tellement complexe que seule l’impression 3D pouvait répondre aux objectifs imposés par le designer de renom : appliquer des figures fractales au monde de la mode. En effet, ces courbes irrégulières et morcelées sont impossibles à reproduire avec les matières habituellement utilisées en haute couture.

Les logiciels utilisés pour créer cette robe sont Rhino (modeleur 3D) et Maya (utilisé par les studios de cinéma). Les imprimantes 3D ont spécialement dues être calibrées pour imprimer aussi finement. Le premier prototype était imprimé à 0,8mm d’épaisseur, un record. Il a aussi fallu adapter la création pour qu’elle épouse le physique du modèle.

Le costume complet n’a bien sûr pas été imprimé d’une seule pièce mais les différentes parties ont été assemblées sur le mannequin. Le corset est composé de deux morceaux qui sont assemblés au niveau de la poitrine et du dos.

De quoi rendre l'impression 3D sexy !

 

Porsche

Je n'allais pas vous parler des marques de luxe sans vous parler de Porsche... impossible ;-) Ici, deux petits exemples sont prévus : le marketing et l’événementiel !

Pour ce qui est du marketing... Un rêve ne peut devenir réalité que si vous lui donnez une forme ! Oui bon.. Si on raisonne ainsi, tous les rêves sont réalisables grâce aux imprimantes 3D. Quoi qu’il en soit, pour que chacun puisse au moins réaliser le rêve d’avoir une Porsche, qui plus est un modèle personnalisé, le constructeur automobile allemand avait mis en ligne gratuitement le fichier STL de la Porsche Cayman 3D en 2013.

Libre à chacun de donner couleur à cette voiture de luxe et même d’en modifier les formes pour l’imprimer à l’échelle voulue (dans la limite de taille imposée par l’imprimante 3D utilisée). Le constructeur de Stuttgart invitait tout le monde à faire preuve de créativité et à partager les réalisations sur twitter avec le hashtag #3DCayman.

 

Le deuxième sujet parle de l’événementiel. Pour le lancement des nouvelles voitures, les différentes concessions Porsche (dans le monde entier) proposent à leurs clients de venir voir les nouvelles Porsche en question. Pour ce différencier des autres concessions, il faut sans arrêt se renouveler et proposer quelque chose d'épatant pour en mettre plein les yeux aux clients (oui oui, en plus d'en mettre plein la vue avec les nouvelles voitures, il faut encore en rajouter). C'est d'ailleurs ce qu'a fait la concession Porsche de Gembloux (en Belgique). 

Le jeudi 10 décembre 2015, le Kronos Porsche Centre organisait une soirée pour présenter leur nouveau et superbe modèle de la célèbre Porsche 911. Kronos Porsche Centre, c’est un univers professionnel, convivial et l’une des plus performantes concessions Porsche d’Europe. Posséder une Porsche estampillée du logo Kronos est devenu une référence, un gage de qualité, synonyme de passion et de plaisir. 

L'entreprise d'impression 3D était Makikko, également spécialisée dans la prestation de service (toujours en rapport avec le domaine de la 3D). Makikko a donc fait partie de ce nouveau et audacieux mélange entre la technologie de la 3D et la performance légendaire de Porsche. Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était on ne peut plus harmonieux ! 

Nous vous avions partagé toute cette aventure en 2015 via un article. Mais en gros, c'est accompagnée de 3 autres hôtesses, que j’avais eu la chance de faire partie de l’expérience de « la 3D dans l’évent ». Notre rôle était d'expliquer le fonctionnement des FaceScan ainsi que celui du BodyScan et de guider les visiteurs lors de la création de leur avatar. Ce qui a été le plus enrichissant, c'était le fait de pouvoir partager sa passion de la 3D avec des personnes étrangères à ce domaine et sans s'y attendre, tomber sur des passionnés. 

Vous pouvez vous en doutez, le cadre était déjà propice à l’émerveillement, mais les réactions et l'enthousiasme des visiteurs étaient au-delà des espérances possibles.

Sur le stand, nous avions accès à : deux FaceScan (Plus connu sous le nom de « BobbleShop », ces petits scanners de tête sont conçus pour vous permettre de scanner votre figure grâce à 9 caméras placées les unes à côté des autres sur un axe de 180° et ce en moins de 2 secondes. Avec ce scan et une restructuration du fichier, la machine vous propose de mettre différents corps à votre visage. Nous nous retrouvons donc avec une petite figurine de 70mm ludique mais en même temps à votre effigie !) et nous retrouvions également un BodyScan sur le stand (Ici, on ne scannait pas seulement la tête des personnes mais leur corps en intégralité ! Le BodyScan avait la particularité d’être très performant. Le principe se base sur 4 scanners, placés sur les 4 arrêtes de la machines (en forme de parallélépipède rectangle), qui descendent puis remontent instantanément. De plus, le scan d’une personne se fait en moins de 10 secondes et le résultat est bluffant !)

Etant donné le thème de la soirée, les corps proposés étaient ; 

  • soit la combinaison noire de Romain Dumas (pilote au 24h le Mans), 
  • la combinaison blanche de Didier Van Dalen (pilote de Fun Cup), 
  • une tenue de mécanicien, 
  • la tenue d’hôtesse pour les femmes

Vous allez me dire.. Proposer aux visiteurs de passer dans un BodyScan, c'est bien. Mais ça sert à quoi ? A tout simplement immortalisez un moment de votre vie pour ensuite l'imprimer en 3D sur une imprimante couleur (le plus souvent en frittage de poudre, ce qui permet d'avoir une figurine d'une qualité exceptionnelle).

Ou vous pensez peut-être "C'est bien avoir une figurine mais ça va prendre la poussière sur une étagère, donc ça ne sert à rien de passer par un scanner." FAUX. Ce type de fichier peut effectivement aussi vous ouvrir les portes des animations numériques de personnes et personnages, des créations d'avatars personnalisés, des intégrations dans les jeux vidéos et films d'animations. Et oui, tout ça avec votre propre corps ! 

 

 

 Michael Schmidt et Francis Bitonti

Le 11 mars 2013, Dita Von Teese a eu le privilège de porter l'une des premières robes réalisées avec une imprimante 3D. Une création unique, conçue sur-mesure pour la star.

Le coton, la mousseline de soie et le tweed en passe d'être détrônés au profit des nouvelles technologies ? Si les ateliers de couture garderont encore longtemps leurs matières premières ancestrales, la technologie numérique et notamment l’impression 3D s'immisce de plus en plus dans l'industrie du prêt-à-porter. 

Dita Von Teese le prouve en soutenant le fruit de la nouvelle collaboration entre les créateurs Michael Schmidt et Francis Bitonti et l'entreprise Shapeways spécialiste de l'impression en trois dimensions : une robe entièrement articulée et réalisée avec une imprimante 3D.

La pin-up qui a servi de modèle a présenté cette innovation textile et technologique, composée de 17 pièces, plus de 3000 articulations et ornée de 12000 cristaux Swarovski pendant un défilé au Ace Hotel à New York entouré de l'équipe créative.

 

J'espère que cet article vous a plu et à bientôt !

Chloé

 

 

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Sources : 
http://www.clausette.cc/fr/chanel-3d/
https://www.retaildetail.be/fr/news/mode/louis-vuitton-ouvre-un-magasin-pop-imprim%C3%A9-en-3d
https://www.lifestyl3d.com/louis-vuitton-passe-a-limpression-3d/ 
https://www.lesimprimantes3d.fr/dior-eyes-casque-realite-virtuelle-imprime-en-3d-20150602/ 
 
Author: Chloé
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